POIRAT Guy
Né en 1950 à Montréal (Canada)
Vit et travaille à Lyon (Rhône)
Formation Beaux-Arts Québec

Présentation de l'œuvre
MUSCADE (Lettre à une pièce) Cher Muscade, Compagnon fidèle né au hasard d'une rencontre, ce jour-là, je fouillais du regard l'urbain. A la recherche de je ne sais quoi. Je t'ai trouvé au paradis des objets mal aimés : la benne. Belle couleur rouge que tu avais déjà. La suite n'est qu'un conte bricolé, une histoire à dormir debout de sculpteur. Mélange curieux de lectures, d'animaux étranges, de vrais-faux voyages. Tu étais dans le quartier indochinois. Aux devantures, les paquets de nouilles se donnaient des allures d'affiches pour films séries B. N'oublie pas de dire que tu es fait de peau de vache, de carton et de fer blanc mélangé avec du temps et de l'imagination. Maintenant, je peux te laisser. Guy

Présentation de l'artiste
Né à Montréal, Canada, son métier de céramiste le conduit à la peinture et à la sculpture. Il se forme à l'école des Beaux-Arts, Université du Québec (Montréal) et à l'Emily Carr College of Art and Disign (Vancouver). A partir de 1988, il s'oriente plus particulièrement vers la sculpture. Naissent alors ses premiers assemblages en matières et matériaux de récupération.
L'invitation à venir au Fort du Bruissin (Cité des Artistes de Francheville - Rhône) lui vaut, en 1993, une bourse de soutien à la Création du Ministère des Affaires Culturelles du Québec. Depuis, il a choisi de vivre en France où il continue sa recherche artistique autour des assemblages.

Démarche de l'artiste
J'ai toujours été un explorateur de la matière. Fasciné par l'archéologie, par les marques tangibles du passage du temps sur la matière, je travaille dans un esprit de continuité matérielle, au-delà des manifestations visibles de l'érosion. Les quatre éléments à l'origine de toutes choses, air, eau, terre et feu, concrétisent pour moi l'alliance sacrée de la nature, source inépuisable d'inspiration. Leurs effets sur les objets, l'usure progressive qu'ils ordonnent, la transformation lente des corps en des matériaux nouveaux ne peut qu'attirer mon désir de me réapproprier ce qui fuit. A travers mes oeuvres, j'essaie d'actualiser au présent tout vestige, tout débris témoin passé irrévocable. J'utilise bois, métaux, papier, cire... Je récupère, recycle, transforme, réinterprète le sens de ces signes pleins, à travers la parodie, à l'ombre de la Grande Machine. Il en résulte de petites sculptures mixtes, métaphores contemporaines sur le thème de la roue, qui tirent leur dynamisme d'une interprétation actuelle de certains mythes toujours vivaces. Chars ou centaures modernes, ces machines inutiles nous invitent au voyage. L'aventure humaine se poursuit.

Pistes de travail
Métamorphoses : les insectes, on ne les voit pas et pourtant c'est l'espèce la plus ancienne et aujourd'hui la plus nombreuse. Insectes méprisés et pourtant fabuleux dès lors qu'on les regarde à la taille de leur univers.
Transportés, métamorphosés dans des matériaux à la fois durables et éphémères qui trouvent leurs origines dans les créations de la nature ou le travail des hommes : le bois, le carton, le papier, les tissus, les boîtes de conserves...
Matériaux ramassés au gré des cueillettes comme autant de butins tirés du dérisoire, ils deviendront art.
Mais auparavant il faudra avoir l'œil. Trier, déchirer, gratter, couper, tailler, limer, coller assembler, composer... Créer.

 

H. 157 x 116 cm